Réagir face à l’insécurité – 5/5. Oser la vidéoprotection

Qu’on la désigne sous le terme de vidéosurveillance ou de vidéoprotection, la mise en place de caméras sur la voie publique a fait ses preuves dans la prévention comme dans la répression de la délinquance.

D’après l’enquête réalisée par l’association des maires de villes moyennes citée dans l’article précédent, les villes moyennes sont aujourd’hui majoritairement équipées d’un dispositif de vidéoprotection. Dans les villes ayant fait l’objet de l’enquête, le nombre moyen de caméras installées dans la ville est de 25.

Le principal rôle assigné à cet équipement par les municipalités qui l’ont mis en place est la prévention des atteintes à la sécurité des personnes et des biens dans les lieux particulièrement exposés. Viennent ensuite la protection des bâtiments et équipements publics, et l’aide à la résolution des crimes et délits.

Nombre de communes de Seine-et-Marne disposent d’un dispositif de vidéoprotection aujourd’hui, quelle que soit la couleur politique de la municipalité en place : Meaux, Claye-Souilly, Ozoir-la-Ferrière, Montereau, Melun, Bussy-Saint-Georges, Chelles, Emerainville, Brie-Comte-Robert, Nemours, Champs-sur-Marne, Provins…

Plus proche de notre ville, le conseil municipal de Moissy-Cramayel (dont le maire Jean-Marc Fournier est socialiste) a voté en décembre 2009 la mise en place de caméras dans ses rues. Il a été imité en avril 2010 par celui de Combs-la-Ville, qui a approuvé le projet du député-maire Guy Geoffroy (UMP) d’installation de 18 caméras dès 2011 pour un coût d’un million d’euros. Le Mée-sur-Seine a également engagé la mise en place d’un programme de vidéosurveillance dans les zones les plus denses de son centre-ville, en juillet 2009.

Et Savigny dans tout cela ? Comme à son habitude pour les questions relatives à la sécurité, la municipalité reste en retrait, alors que toutes les grandes villes de Seine-et-Marne sont déjà équipées ou ont engagé la réflexion au sein de leur conseil municipal.

Le plan lumière, évoqué dans notre article relatif à la rénovation de l’éclairage public, énonce la vidéosurveillance dans “les équipements qui seront inscrits dans la réflexion“, en prévoyant notamment d’équiper en caméras les abords de la gare RER et du Conservatoire de musique. Pourtant, le Maire tient un double discours. En réponse à une question posée par le groupe “Un Avenir à Savigny” lors du conseil municipal du 5 juillet dernier, Jean-Louis Mouton a clairement indiqué qu’il se refusait à l’installation de la vidéoprotection dans notre commune. Dès lors, comment croire que le plan lumière est crédible ?

Nous pensons au contraire que l’installation d’une dizaine de caméras de surveillance dans les principaux lieux de passage de notre ville serait la bienvenue, si l’on en croit les attentes des Savigniens. Les lieux à privilégier seraient :

  • Au centre-ville : les abords de la gare (dont le parking), la place Elysée Reclus et l’avenue Jules Vallès, la place François Mitterrand et les abord de la mairie
  • Aux Cités Unies : la place Philippe Desphelipon
  • A Plessis-le-Roi : la place et le centre commercial du Miroir d’Eau, les abords de l’Espace Prévert
  • A Plessis-la-Forêt : la place des Cygnes et le centre commercial des Trois Fontaines

Si le projet d’installation était entrepris, une évaluation préalable sur les lieux les plus adéquats devrait bien entendu être mise en place, avec concertation au sein des conseils de quartiers et avis d’un bureau d’étude.

Naturellement, la mise en place de tels équipements supposent des coûts non négligeables pour la commune. Mais chez les communes voisines qui ont franchi le pas, l’Etat a subventionné à 50% le coût de l’installation, dont le montant total ne dépasse pas un million d’euros pour une quinzaine de caméras (le budget de fonctionnement de la ville est de 42 millions d’euros par an).

Quant au traitement des données, il suppose l’emploi d’agents spécifiquement dédiés. Leur nombre dépend de la façon dont est employé le dispositif, entre simple outil d’enregistrement ou instrument employé de manière active et continu. Mais la mise en place des mêmes équipements chez nos voisins (Moissy, Combs) a permis la création d’un centre de supervision commun à toutes les villes du SAN de Sénart (dont Savigny fait partie…). Ainsi le coût de l’équipement et de traitement sera moindre et nos policiers municipaux resteront pleinement disponibles sur le terrain !

Dès lors, qu’attend-on pour passer à l’action, si ce n’est un peu de volonté politique ?

  8 comments for “Réagir face à l’insécurité – 5/5. Oser la vidéoprotection

  1. Opsomer
    octobre 3, 2010 at 11 h 15 min

    L’article 17 A de la Lopssi 2 stipule que dans tous les textes législatifs et réglementaires, le mot : «vidéosurveillance» est remplacé par le mot : «vidéoprotection» (sic). Or, l’éditorial de « La Lettre d’information des professionnels de la sécurité, police » du 26 juillet 2008, réalisé par Sébastian Roché, directeur de recherche au CNRS, précisait, pourtant, que «Parler de vidéoprotection constitue une erreur: cela revient à confondre les objectifs (protéger) et les moyens (capture d’images à distance et transmission à un PC ou exploitation a posteriori). Le titre cherche à légitimer une technologie en la rebaptisant : protection est connoté positivement et surveillance… négativement. Or, la technique permet bien de surveiller. Permet-elle de protéger ?». Avec ses braquages à répétition sous le regard indifférent ou impuissant des caméras, Lyon fournit désormais une réponse à cette question.

  2. Bertrand
    octobre 6, 2010 at 8 h 45 min

    Je suis désolé mais en aucun cas des cameras ne peuvent assurer une protection, au mieu elle disuade ou déplace les actes malveillants voir les rendants plus organises (masquer) …

    Si cela vous parait si important, comment expliquer la suppression de 800 000 fonctionnaires de polices (nationale) pour 2011, pensez vous réellement que quelques agents municipaux peuvent compenser un désengagement croissant de l’état ?

  3. octobre 6, 2010 at 22 h 46 min

    Bonjour à tous,
    A mon sens la vidéoprotection permet deux choses :
    – Surveiller à savoir mieux analyser des situations complexes pour tenter de résoudre une enquête bien précise (deal, trafics …).
    – Intervenir en zone sensible sans que les patrouilleurs ne se fasse taper dessus comme c’est le cas en bien des endroits.

  4. Christian VAUGLIN
    octobre 16, 2010 at 8 h 27 min

    Bravo à vous.
    Tout est bon sauf l’immobilisme de ce maire, complètement usé par 35 ans de “pouvoir”. A cours d’idée et son équipe, c’est encore bien pire !
    Christian

  5. DESCAMPS
    octobre 25, 2010 at 18 h 49 min

    Je crois que notre ami Bertrand s’est trompé dans ces chiffres : même en comptant les gendarmes rattachés maintenant au niveau opérationnel au Ministère de l’Intérieur, il est impossible que 800.000 fonctionnaires de Police aient été supprimés pour 2011….
    Je crois beaucoup en la complémentarité des polices municipales avec la Police Nationale. Là où cela se fait, les résultats sont meilleurs. Par contre, il faut que le Maire se donne les moyens en donnant l’impulsion nécéssaire au niveau instructions et effectifs…Cela n’est pas le cas à Savigny.
    Comme pour certains secteurs de la Fonction Publique ( les hopitaux, les prisons…), je suis pour le maintien des effectifs de policiers nationaux.

  6. tibo77
    octobre 25, 2010 at 20 h 45 min

    En effet, pour être clair sur les chiffres au niveau national :
    La police nationale représente environ 130 000 fonctionnaires
    La gendarmerie représente environ 100 000 fonctionnaires

    La mesure de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite conduira à 31 000 postes supprimés pour 2011, dont 1 595 au sein du Ministère de l’Intérieur (chiffres prévus par le projet de loi de finance pour 2011).

  7. Christian
    octobre 30, 2010 at 18 h 37 min

    Précisons les propos de “tibo77″ quant aux effectifs de gendarmerie.
    Ils représentent exactement 101 231 militaires ( non fonctionnaires) sans compter bien sûr 20 000 réservistes: données ECPA 2007.

    Interrogé sur les suppressions d’emploi dans le cadre de la RGPP le ministre de l’Intérieur a répondu que ” l’on était effectivement pas loin d’atteindre l’os”.

    S’agissant des moyens sécuritaires potentiels, la video-surveillance est le plus dissuasif, utilise un parc de caméras mixtes: opérationnelles et fictives. Qui saura …?
    Il faut se donner les moyens de ses ambitions. La sécurité des citoyens passe aussi par la police municipale, police de proximité par excellence

    Savigny n’est pas une ville plus dangereuse que Moissy ou Nandy. Il s’agit de minorités…agissantes. “Ces individus sont connus”. Il faut réagir: “Si tu es le lion je suis le mouton” et vice versa.

    Le cambriolage du bar tabac appelle trois remarques:
    – Je trouve l’estimation des préjudices excessive par rapport à la clientelle
    de fréquentation. Quand même 7000 € de recettes …de la veille !
    et la caisse n’est pas ramassée ! C’est de l’inconscience !

    – Il n’y aurait donc pas d’alarme dans ce bar. Après deux cambriolages, dont le dernier en juillet …. cela ne suffit pas.

    – Un berger allemand est en permanence présent derrière le comptoir.
    Qu’en est-il de ce chien ? Personne n’en parle ! A-t-il réagi ?

    Pour terminer je voudrais préciser que le passage par l’av. du Gal de Gaulle est bien trop voyant. Allez voir du côté de l’allée de la perspective, le plot central donnant accès à la voie piétonne vers Jacques Prévert…a été retiré: quoi de plus facile !!!

  8. Gilbert D
    novembre 9, 2010 at 21 h 24 min

    Bonsoir,

    j’avais écouté tout un débat sur ce sujet sur RMC Info. Il en ressortait que :
    – la vidéosurveillance déplace la délinquance, elle ne la supprime pas
    – il faut placer des moyens importants derrière les écrans. Et en période de restrictions budgétaires et d’effectifs, comme indiqué dans les commentaires précédents, tout agent qui sera assis derrière son écran ne sera pas sur le terrain.
    – les jeunes d’aujourd’hui portent en permanence capuches et casquettes, avec des codes vestimentaires identiques, alors pour les reconnaître…

    En clair, un système coûteux et pas vraiment efficace. Ca ressemble à une fausse bonne iéde.

    Je persiste à croire que l’unique solution est dans les patrouilles fréquentes sur le terrain de policiers (nationaux !)

    Cordialement

    Gilbert

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